dimanche 21 août 2011

Les «non-voyages» forment aussi la jeunesse…

Vous est-il déjà arrivé de défaire vos bagages sans même être parti? Si oui, vous n’avez probablement pas beaucoup apprécié cette expérience difficile, mais aussi très formatrice, du moins dans mon cas. En effet, quelques minutes à peine avant d’écrire ceci, je rangeais le contenu de mon sac à dos. Il ne s’agit pas d’un voyage annulé, mais bien d’une expédition qui aura lieu sans moi puisque je n’étais qu’une remplaçante devant se tenir prête à partir à la dernière minute dans l’éventualité d’un désistement d’une autre personne. Bien entendu, j’étais consciente que je resterais probablement chez moi, ce que j’acceptais sans problème. Je devais tout de même connaître les détails de l’expédition et préparer des bagages, afin de ne pas être prise au dépourvue à la dernière seconde. Et ce qui devait arriver arriva : au fil des jours, de façon si subtile que je ne m’en aperçus pas, le projet prit une grande importance à mes yeux. Même si cette randonnée de quelques jours de canot-camping aurait probablement lieu sous la pluie, au froid, avec des tonnes de moustiques et peut-être même quelques ours, tout cela n’avait pas d’importance. Mon sac fut préparé avec la minutie et la rigueur d’une personne convaincue de partir, rien d’essentiel ne manquait et rien de superflu n’était présent. La veille du départ, j’apprenais que la personne que je devais remplacer n’avait pas donné de ses nouvelles depuis deux jours. Inutile de vous dire qu’une petite lueur d’espoir venait de s’allumer. Ce fut tout autre chose le lendemain, lorsque la personne réapparut et confirma sa participation à l’expédition, ce qui, du même coup, confirmait définitivement que je ne serais pas du voyage. J’attendis tout de même l’heure de leur départ pour tout ranger, car les miracles, ça arrive parfois. Mais au moment d’écrire ces lignes, ils sont déjà en route vers le nord, l’aventure et la nature…

Vous devinerez sans doute que la déception est grande, et en effet elle l’est. Cependant, il s’agit peut-être du verre d’eau au visage qu’il me fallait pour réaliser à quel point j’avais besoin d’une évasion en pleine nature. Pourquoi avoir attendu qu’une personne me propose un rôle de remplaçante? La plupart des êtres humains préfèrent rester dans le confort de leur chez soi, avec toutes les commodités et les technologies disponibles. Et quand ils partent en voyage, c’est bien souvent avec le même niveau de confort, dans un hôtel ou une auberge. Même le camping n’est plus ce qu’il était autrefois. Pourtant, malgré ce luxe dans lequel on vit, les gens sont de plus en plus stressés. Se pourrait-il que ceci soit directement en lien avec le fait que nous nous sommes éloignés de l’essentiel? Plutôt que de profiter respectueusement des beautés de la nature, nous la détruisons chaque jour un peu plus. Il fut un temps où l’objectif ultime d’une journée dans la vie d’un humain était de survivre. Ce qui, instinctivement, nous amène à nous dire « Ouf, une chance qu’on est maintenant bien loin de tout ça! ». Est-on réellement si chanceux? Si oui, alors pourquoi j’accordais une telle importance à une aventure de canot-camping qui m’aurait ramenée à cette notion de survie? Et je ne suis pas la seule, plusieurs personnes pratiquent ce genre d’activités et en développent même une véritable passion. Je n’ai qu’à fermer les yeux, et j’entends le murmure du vent, le son d’une cascade d’eau, le cri d’un huard, le crépitement des flammes d’un feu… Je vois l’étendue d’un lac paisible, la magnificence d’un arbre centenaire, les montagnes à la fois lointaines mais enfin si près, les couleurs somptueuses du ciel au moment où le soleil quitte pour la nuit… Je sens l’odeur si particulière de la forêt, un mélange de terre, de feuilles mortes et de bois…
Bref, une atmosphère apaisante et vraie, un silence doux à entendre et propice à des échanges enfin dépourvus de superficialité. Être soi-même, libre et sans barrières. « Être », tout simplement. Mais surtout, rapporter tout cela chez soi et l’intégrer à sa vie. Si j’arrive à ressentir tout cela sans même être là-bas, c’est que j’ai eu la chance de goûter un peu à cette vie dans la nature par le passé, notamment en allant camper avec mes parents dans ma jeunesse. Plusieurs enfants n’ont pas cette chance et ne développeront pas ce besoin d’aller se ressourcer loin de la ville. De futurs adultes encore plus stressés que nous le sommes… Prenons le temps de respirer, laissons les enfants respirer aussi. Parfois, il faut prendre le temps de prendre son temps, et c’est alors que l’on prend conscience de l’absurdité de la plupart de nos soucis. Au fond, l’humain est un être vivant parmi tant d’autres, avez-vous déjà vu un animal courir plus vite parce qu’il est en retard? Certainement pas. Alors revenons à l’essentiel avant qu’il ne soit trop tard, et la meilleure façon de le faire est de prendre quelques jours, ou même quelques heure si c’est tout ce que vous avez, afin d’aller se ressourcer là où tout est encore vrai. Ne faites pas comme moi, n’attendez pas de manquer votre chance pour réaliser à quel point c’est important. Bien sûr, un tel « non-voyage » m’a appris beaucoup, mais une vraie escapade m’en apprendra certainement plus. Et c’est pour bientôt, croyez-moi!

1 commentaire:

  1. À SB (une chance que je connais ton "nom de code"!): Ne t'en fais pas, c'est sûr que j'étais triste au début, mais plus du tout maintenant! Ça m'a beaucoup appris :)

    P.S. J'ai supprimé ton commentaire, car il contenait le nom de la personne concernée. Je ne voudrais pas la blesser, ce n'est tellement pas de sa faute...

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